Portrait : Comment je suis devenue développeuse informatique

Laïla a trouvé sa vocation très jeune. // © François BARI
Laïla a trouvé sa vocation très jeune. // © François BARI 

Réalisation de sites Internet, développement de fonctionnalités sur des logiciels existants… Laïla, 28 ans, est développeuse informatique. Après une école d’ingénieurs et une expérience outre-Atlantique, elle s’investit aujourd’hui dans une communauté de femmes codeuses. Pour nous, elle revient sur son parcours.

Sans les aventures des sœurs Halliwell, au fil des 178 épisodes de la célèbre série « Charmed », Laïla n’aurait peut-être pas découvert aussi jeune sa vocation. Élève au Collège Jean Moulin d’Aubervilliers, elle travaille bien, poussée par ses trois grandes sœurs, autant que par les principes d’éducation inculqués par ses parents. « Dans ma famille, même s’ils ne nous mettaient pas de pression, nos parents s’attendaient à ce qu’on fasse de notre mieux et qu’on ait de bonnes notes. C’était mon cas, à part quelques petites difficultés de temps en temps en maths et en SVT », se remémore Laïla.

Ses premiers pas sur Internet

C’est sur l’ordinateur familial, acquis en 2004 pour faciliter les études de ses aînées, qu’elle découvre à la fois Internet et la magie du codage : « J’adorais les séries, et ‘Charmed’ en particulier. À force de naviguer sur des sites et des forums qui en parlaient, j’ai eu envie de bricoler mon propre site. Sur « le site du zéro » (aujourd’hui appelé « OpenClassrooms« ), j’ai trouvé toutes les infos gratuites pour apprendre à coder. En peu de temps, j’avais bidouillé un site qui tenait à peu près la route, avec photos, liens et pages, dédié à l’actualité de ma série préférée ! », raconte-t-elle. Un hobby qui inquiète un peu ses parents, en raison du temps passé devant la bécane, mais ses notes demeurent très satisfaisantes.

Une vocation précoce

Dès la classe de troisième, Laïla a déjà choisi son futur métier : elle sera développeuse Web. Un Salon de l’Etudiant et un guide consacré aux métiers de l’Internet la confortent dans sa décision : « Ce métier est beaucoup plus logique qu’on ne le croit. C’est un peu comme si on imbriquait des Lego en permanence les uns dans les autres, c’est super ludique, en fait », souligne Laïla.

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Au lycée, la jeune femme suit une première et une terminale scientifiques, sans problèmes : elle est à l’aise dans de nombreuses matières, et notamment dans le domaine scientifique. « Une de mes sœurs m’incitait à faire Sciences po, parce que mes notes me le permettaient, et c’était pile le moment où on encourageait les jeunes des banlieues à tenter l’entrée de ces grandes écoles, mais je suis têtue ! Mon plan A, c’était développeuse, mon plan B, prof de physique-chimie, parce que j’adorais cette matière, et mon plan C, traductrice, car j’étais aussi très bonne en anglais », poursuit-elle.

Pour le bac, elle vise la mention très bien, sésame pour une bourse au mérite, soit 2.000 € par an accordés pendant toute la durée des études supérieures. Elle décroche finalement la mention bien en 2008, avant d’intégrer l’IUT de Paris-Descartes, dans le XVIe. « L’enseignement à l’IUT, en première année, n’était pas directement lié au Web », se souvient la jeune femme. On ne découvre pas tout de suite les notions d’algorithmie, la manière de concevoir un programme et son application et tout ce qui concerne les bases de données, l’architecture d’un ordinateur », énumère-t-elle. La deuxième année la passionne davantage encore, grâce à la réalisation d’un projet collectif : « un piano sur ordinateur, qui composait des musiques et permettait ensuite d’envoyer les morceaux à son entourage », s’enthousiasme-t-elle.

Un parcours à l’international

À la fin de l’IUT, elle intègre, sur les conseils de son meilleur ami, un brillant élève de sa promotion, l’UTC de Compiègne, une école d’ingénieurs réputée pour son ouverture internationale et l’importance accordée à l’innovation. Après deux ans en résidence étudiante, elle fait sa dernière année d’études aux États-Unis,d’abord dans l’état de Rhode Island, dans le cadre d’un semestre d’échanges, puis à New York, où elle est embauchée dans l’entreprise française Jean-Claude Decaux.

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Elle adore la Grande Pomme mais elle préfère le calme et la beauté de Montréal, où elle a déjà effectué un premier stage, juste après son IUT. « J’ai immédiatement trouvé un travail là-bas, en postulant depuis New York : développeuse Web dans une boutique en ligne qui vendait des vêtements urbains et de plein air. J’y suis restée trois ans, bien payée et ravie », évoque Laïla. C’est la nostalgie de la famille plus que la routine qui la décide à rentrer au bercail.

Un investissement dans « Ladies of code »

À peine débarquée, elle enchaîne avec un nouveau job dans un webzine féminin, « Mademoiselle », puis, au bout d’un an, rejoint le groupe BAP (Bureaux à partager), où elle exerce actuellement. Mais l’évènement le plus marquant de son retour est la découverte de cette communauté de femmes, toutes passionnées par le développement informatique, « Ladies of code », qu’elle rejoint en décembre 2017, et dont elle est à présent l’une des plus ferventes co-organisatrices : « On regroupe toutes les femmes qui codent ou ont envie de coder, on organise des workshops, des apéros, des conférences, et des évènements autour de la reconversion. Actuellement, notre but, c’est d’aller dans les collèges et lycées pour parler de notre métier, alors, si des profs me lisent et ont envie de nous contacter, ils sont les bienvenus ! », lance Laïla.

L’entraide, au cœur de ce métier de geek, mythe ou réalité ? « On est tout le contraire de la geek enfermée dans sa grotte ! On part de rien pour créer quelque chose, qu’on voit évoluer jour après jour, tout en restant en alerte pour surveiller ce qui se fait car la technologie évolue constamment, on est dans un réseau actif, où les échanges sont primordiaux pour s’informer et rester à jour », conclue-t-elle.

La formation de développeur

Il n’est pas nécessaire d’être bon en maths pour devenir développeur Web, en revanche, une très bonne maîtrise de l’anglais est indispensable !
– BTS services informatiques aux organisations, avec option B « Solutions logicielles et applications métiers » (SLAM)
– DUT informatique, avec une formation pouvant s’effectuer en alternance
– Master informatique : de nombreuses écoles d’ingénieurs, comme EPITA, EPITECH, ENI, EPSI, produisent des profils recherchés, aux compétences techniques poussées et indispensables pour le développement de programmes pointus.

Salaire : à partir de 35.000 €/an environ pour un junior.

Le parcours de Laïla en 5 dates

4/02/1991 : naissance à Paris
2004 : découvre Internet
Août 2012 : départ aux États-Unis
Septembre 2013 : diplômée de l’UTC de Compiègne
Décembre 2017 : rejoint la communauté de « Ladies of code »

 

Le lien de l’article :  https://www.letudiant.fr/metiers/metiers—portraits-de-pros/comment-je-suis-devenue-developpeuse-informatique.html

 

Via@L’Etudiant.fr /  Nathalie Helal / Publié le 

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